« FRNG », « BFR », « trésorerie » : trois sigles qui font fuir, et pourtant c’est le trio qui décide si une entreprise tient debout. Voici la version sans jargon — utile surtout quand on s’apprête à reprendre une boîte.

FRNG, BFR, trésorerie : qui fait quoi

  • FRNG (fonds de roulement net global) : la marge de sécurité structurelle. Ce qui reste des ressources stables une fois payés les actifs durables.
  • BFR (besoin en fonds de roulement) : l’argent que l’activité quotidienne immobilise (stocks + ce que les clients vous doivent − ce que vous devez aux fournisseurs).
  • Trésorerie : le cash réellement disponible. Elle découle des deux autres.

Comment calculer le FRNG (deux façons, même résultat)

Le FRNG se lit des deux côtés du bilan, et tombe sur le même chiffre :

  1. Par le haut du bilan : FRNG = capitaux permanents (capitaux propres + dettes long terme) − actifs immobilisés.
  2. Par le bas du bilan : FRNG = actif circulant − passif circulant.

Un FRNG positif veut dire que les ressources longues couvrent les emplois longs : la structure est saine. Un FRNG négatif signale l’inverse — des immobilisations financées par du court terme.

Le BFR : l’argent que l’exploitation immobilise

Le besoin en fonds de roulement se calcule simplement :

BFR = stocks + créances d’exploitation − dettes d’exploitation.

Plus vos clients paient tard et plus vous stockez, plus le BFR grimpe. Plus vos fournisseurs vous laissent de délai, plus il baisse. Certaines activités ont même un BFR négatif (la grande distribution encaisse avant de payer ses fournisseurs).

La formule qui relie tout

C’est la seule à retenir :

Trésorerie = FRNG − BFR.

Traduction : une entreprise peut être rentable et pourtant à sec si son BFR dépasse son FRNG. C’est l’erreur classique qui tue des reprises pourtant prometteuses.

Pourquoi un repreneur doit regarder ça avant de signer

Deux raisons concrètes :

  • Un FRNG sain rassure le banquier : il montre que le montage tient et facilite le financement.
  • Le BFR doit être financé dès le jour 1 : si vous reprenez une activité à fort BFR (beaucoup de stock, clients qui paient à 60 jours), il faut prévoir ce besoin de cash, en plus du prix d’achat.

Le bon réflexe

Avant de reprendre, faites tourner ces trois chiffres sur les comptes de la cible — et projetez-les sur votre montage. Si l’apport vous inquiète, rappelez-vous qu’on ne paie pas tout de sa poche : voir reprendre une entreprise avec peu d’apport.

Repères généraux, pas un conseil financier personnalisé. Faites valider l’analyse financière de votre cible par un expert-comptable.